Hommage à Arnaud Beltrame, discours de M. le Maire.

Hommage à Arnaud Beltrame, discours de M. le Maire.

Le 24 mars encore une fois notre pays a été frappé par un attentat terroriste aveugle mu par la haine et le fanatisme.

4 de nos compatriotes y ont laissé la vie plongeant leurs familles dans la douleur.

Ces meurtres atteignent notre pays au plus profond de lui-même et de son identité, basée sur ses valeurs de tolérance, de fraternité et de liberté, de laïcité, fondée sur les droits de tous mais aussi sur les devoirs de chacun, valeurs  qui sont le fondement de notre république.

Ce jour – là un homme s’est levé, seul, face à la haine et à la barbarie

Qui fut plus seul que lui au moment où il décida de prendre la place de l’otage, assumant le risque immense d’y laisser la vie en prenant la place de l’otage pour essayer de maitriser le tueur.

Un acte d’héroïsme d’un homme engagé au service de son pays et qui déjà avait fait de même en Irak pour exfiltrer une ressortissante française.

Un acte d’héroïsme qui nous interpelle tous et nous appelle à rester debout face à cette terreur aveugle et barbare.

Il est à l’image de celui de J Moulin qui refusa l’ignominie de la collaboration et de l’antisémitisme, il est  à l’image des résistants du Vercors, des Glières et de tous les maquis de France qui sacrifièrent leur jeunesse et leur vie pour que notre pays vive libre, il est  à l’image du sacrifice du groupe Manoucchian,  résistants étrangers qui donnèrent leur vie pour la France,

Il est à l’image des héros de la dissidence qui dans toutes les dictatures ont lutté et luttent encore pour la liberté.

Aujourd’hui encore, les innocents assassinés nous interpellent : la République que les générations passées ont défendu a produit l’école, la culture et l’égalité entre toutes et tous, la laïcité, la liberté de penser et de vivre dans le respect  de tous ses citoyens.

Elle ne se garantira que dans l’union nationale qui constitue le ciment de notre nation, dans le respect du cadre républicain, dans le rejet de tous les extrémismes et populismes, dans le combat contre toutes les haines, tous les intégrismes.

Cet acte réfléchi et héroïque nous interpelle et nous fait réfléchir : la mort d’Arnaud Beltrame nous rappelle que les principes ne doivent pas seulement reposer sur le sacrifice des autres, mais passer aussi par notre attitude individuelle.

Le geste d’Arnaud Beltrame incarne le choix d’un homme sublimé par sa mission, seul face à la décision, prêt au sacrifice pour les autres et pour son pays.

Il a sidéré notre société de confort en lui montrant encore une fois, une fois de trop, que rien n’est acquis et que les valeurs qui structurent nos démocraties sont fragiles et menacées et nous appellent à la plus grande vigilance.

Au nom de la liberté, au nom de la démocratie nous  apportons notre reconnaissance et soutien aux policiers, gendarmes, enquêteurs et services de secours qui œuvrent pour notre sécurité et notre liberté.

Nous devons leur dire notre soutien et notre reconnaissance.

Aux victimes innocentes et à leur famille nous disons notre compassion.

A vous, Colonel  Beltrame nous voulons dire l’immense admiration et  le profond respect pour le sacrifice que vous avez accompli en connaissance du danger : comme tant d’autres dans l’histoire de notre nation vous avez balisé le chemin ; votre sacrifice ne doit pas rester vain et nous appelle au sursaut : au-delà de nos différences et parce que nous avons ces différences un seul chemin est possible : rester debout face à l’intolérance, le fanatisme, l’intégrisme

Le choix que j’ai présenté au conseil municipal de Sauvian que ce parvis porte votre nom, mon Colonel, se veut un acte fort : devant la Mairie, maison commune, symbole de notre pays et de sa démocratie de proximité et devant la Médiathèque symbole de culture, de savoir, de tolérance qui sont  les remparts contre la bêtise meurtrière des fanatiques et des assassins nous voulons leur signifier que nos démocraties ne cèderont pas devant la violence et le fanatisme.

Nous voulons leur dire encore une fois que nous aimons la vie, le plaisir et le bonheur ; que nous aimons tout ce que eux détestent : le rire, les chansons, la convivialit é, l’amour, la culture, les artistes, les hommes et les femmes, la liberté de penser et de dire et que nos démocraties ne cèderont pas

La liberté d’expression, la liberté de penser, la liberté de la presse, la laïcité, les droits des femmes  ne se négocient pas, ils doivent être défendus  constamment avec vigueur et courage, tout   en rappelant fortement les devoirs de chacun.

Un long combat attend nos démocraties.

Au nom du sacrifice du Colonel Beltrame nous devons le mener, en respect et en souvenir de son sacrifice.